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Comité de programmation Lycéens et apprentis au cinéma : un vrai Festival !

Après avoir pu visionner une sélection de films d’animations, avec l’ensemble des étudiants de la classe de BTS1, Aya, Isidora et Dorian ont été chargés par ces derniers de porter leurs voix pour la sélection du futur cycle Lycéens et Apprentis au Cinéma qui se déroulait à Sélestat au sein de l’ Agence culturelle du Grand Est.

C’est « le sommet des Dieux » qui remporte les votes à l’issue des débats.

Les films en compétition :

La traversée

La Traversée est un film d’animation franco-tchéco-allemand réalisé par Florence Miailhe et sorti en 2021. 84 minutes. César 2022 : meilleur film d’animation.

Poignant ! Touchant ! D’actualité! 

L’animation peut traiter de sujets profonds auxquels l’humanité est confronté. Des évènements qui se sont déroulés par le passé et qui sont encore vécus aujourd’hui. Une épopée à travers une Europe dont les tracés semblent presque imaginaires. Ouvrir les yeux sur ce qui se passe dans le monde et ce que vit (subit) une partie de l’humanité. L’actualité des thèmes proposées est particulièrement pertinente. Le film encourage la réflexion personnelle. L’histoire est pleine de rebondissements pour raconter la réalité de l’exil-migration de deux enfants qui cherchent à rejoindre leur famille dans un autre pays pour avoir une vie meilleure. La réalité de la traversée en bateau et la peur de mourir. Des leçons de vie au travers d’une histoire difficile. La complexité des situations où le bien et les moyens pour y parvenir sont confus (pas de manichéisme). Pour avoir de l’argent, certaines personnes sont prêtes à beaucoup de choses ; quitte à ne pas avoir de cœur. Le film dénonce les crimes et les horreurs que subissent certaines personnes, certains peuples, aussi la traite des personnes. Avec de l’argent certaines personnes pensent pouvoir tout acheter, même d’autres personnes. Le film est riche en émotions. Les injustices et les atrocités dont sont capables les humains par consentement ou par ignorance, de manière volontaire ou involontaire. Être humain et ce qui peut rendre inhumain. Le film est également une ode à la force des liens (familiaux, amitié) pour affronter les épreuves que la vie rencontre. 

Les thèmes de la prostitution, de l’immigration, des migrants, du chantage, de la corruption, de la guerre, du sacrifice par amour, du racisme et de la ségrégation, les inégalités, la prison et les conditions de détention, la liberté, l’enfance, la mémoire et les souvenirs, pourront être abordés.

Le traitement graphique, l’œuvre telle une peinture, un tableau animé. Un style particulier-atypique qui contribue à rendre l’ambiance. Raconter une histoire douloureuse au travers du dessin. La peinture sur verre. En harmonie avec les scènes.

La musique accompagne l’histoire sans être envahissante.

J’ai perdu mon corps

J’ai perdu mon corps est un film d’animation français réalisé par Jérémy Clapin, sorti en 2019. Il s’agit d’une adaptation du roman Happy Hand de Guillaume Laurant. 81 minutes. Festival de Cannes 2019 : Grand prix de la Semaine de la critique. Festival international du film d’animation d’Annecy 2019 : Cristal du long métrage et Prix du public. Grand prix 2019 du Animation Is Film Festival à Los Angeles. Festival international du film de Catalogne 2019 : prix de la meilleure musique. César 2020 : Meilleur long métrage d’animation et Meilleure musique originale.

Nos fragilités. Délicat. Des émotions.

L’histoire d’un orphelin né au Maroc et vivant en France. Une vie qui a connu de nombreux traumatismes. Le fil narratif est inattendu et surprenant, passer par le corps. Un climat étrange. L’histoire est racontée de manière poétique et philosophique et surtout inhabituelle mais très bien construite. Les sauts au fur et à mesure du film entre le présent, le passé. La main, le corps – perdre, rattraper, nouveau départ. La force symbolique – les symboles : la main du destin, les lignes de vie …. Une enfance heureuse et choyée, un accident tragique pour sa famille, une adolescence dans un environnement indifférent. Une quête de sens, trouver sa place dans le monde, dans la société. Les rêves que nous faisons enfant, ceux que nous admirons et le désir d’avenir. Le destin et prendre en main son projet de vie. La force des désirs. Une histoire d’amour. Se construire de l’adolescence à l’âge d’adulte, un passage. Un accident grave, la vie continue tout de même. Un film qui transmet de l’émotion, des émotions. Une fin ouverte qui est frustrante mais qui ouvre à poursuivre l’histoire par nos questionnements, nos réflexions. Une fin qui correspond à la manière d’avoir traité le sujet, aussi qui permet à chacun de l’interpréter avec sa compréhension voir son désir, sans oublier de dribler le destin.

Les thèmes de la solitude, les traumatismes, l’affectif, l’amour, la construction de soi, le mal être, le désir, le destin, le deuil, le corps, pourront être abordés. Une question qui unifie le film : toutes ces blessures et fragilités qui peuvent être un chemin pour prendre soin et nous aider à nous construire et donner sens à ce que nous faisons de notre vie ?

Un objet d’excellence et d’école pour l’animation (plans, séquences,). Nous avons pensé à l’animation de Spider Man « Into the Spider verse ». Une prouesse de réalisation. Des détails travaillés et une quête de véracité de l’image.

La musique est très présente et apporte à l’histoire un complément pour accentuer le caractère des différentes scènes voir amplifier le ressenti des émotions. Le traitement de l’ambiance sonore est excellent.

Le sommet des dieux

Le Sommet des dieux est un film d’animation franco-luxembourgeois réalisé par Patrick Imbert, sorti en 2021. C’est l’adaptation du manga Le Sommet des dieux de Jirō Taniguchi, lui-même d’après le roman de Baku Yumemakura. 90 minutes. César du meilleur film d’animation lors des César 2022.

Hyperréaliste ! A couper le souffle !

Un film qui par son réalisme nous fait entrer dans l’histoire et on se surprend à être en immersion dans les émotions ressenties par les personnages. Nous sommes tenus en haleine, surtout pendant les scènes d’ascension, de grimpe. Un film spectaculaire, des scènes crédibles. La détermination dans le sport, l’obstination et atteindre les objectifs. Les valeurs du sport. La passion de l’alpinisme. La beauté de la montagne et ses dangers. L’humanité des personnages et leurs traits de caractères. Une histoire avec des intrigues qui sont prenantes et qui donnent au film un côté policier/thriller. La dimension tragique de l’histoire. Des rebondissements inattendues et du suspens. Une fin inattendue qui montre que le fil rouge de l’histoire n’est pas celui auquel on pense en premier lieu.

Les thèmes des sports extrêmes ; les valeurs du sport, la détermination, la volonté et les limites, le sacrifice et le dépassement de soi, l’engagement total, la solitude – être solitaire, la passion de quelque chose, l’appréhension de l’échec peuvent être traités.

L’esthétique et la qualité des images. Par moment on confond les images dessinées avec celles de la réalité. Les codes de l’animation japonaise parfaitement maitrisés. La profondeur des images.

La musique laisse plutôt la place à l’ambiance sonore qui est tout à fait appropriée pour restituer l’exactitude des conditions vécues, aussi pour accentuer les moments de tension, voir soutenir une notre dramatique.